Au de là du CPE, quelle politique pour la jeunesse (II)?

Publié le par Observatoire de la démocratie

 

 

  

 Pourquoi la France ne veut elle pas prendre la mesure du problème que pose une jeunesse d’autant plus nombreuse qu’elle se prolonge, comme d’ailleurs,  tous les âges de la vie et tout particulièrement le troisième âge? Par Jean-Francis Dauriac  

Au siècle dernier, n’étaient comptabilisés comme jeunes que les enfants en âge scolaire et une minorité des 18-25 ans, qui étaient étudiants ou en formation. La société se contentait d’un système d’aide sociale pour les étudiants les plus défavorisés, qui s’ajoutait à l’aide de la famille et à des petits boulots ou jobs d’été. Les autres n’étaient pas réputés jeunes, puisqu’ils travaillaient .Aujourd’hui, prés des 2/3 des 18-25 ans sont soit étudiants, soit dans des dispositifs d’insertion et/ou de formation. La concurrence se fait rude sur les petit boulots, par ailleurs moins nombreux/ Les aides sociales, qui ont considérablement augmenté, ne peuvent couvrir tout le monde. Et la dépendance de la famille devient de plus en plus longue, et coûteuse. Outre qu’elle reproduit les inégalités, elle s’inscrit à contre courant de l’évolution de notre société qui appelle au contraire de plus en plus de mobilité et donc d’autonomie. 

 

Que faire pour permettre à la grande masse des jeunes de 18-25ans de vivre dignement et de manière plus autonome ? 

 

Réduire le nombre d’étudiants et /ou la durée des études ? C’est ce que prétendent souvent, ceux dont les enfants ont échoué, et ce que préconisent nombre de nos décideurs. Mais surtout, pour les enfants des autres, pas pour les leurs ! Car il demeure que tous les parents, sans exception, souhaitent d’abord que leurs enfants réussissent leurs études. Ce n’est qu’après ou à défaut, qu’ils en dénoncent l’inutilité ou l’excès. Et pas seulement par peur du chômage. Car notre patrimoine culturel est ainsi constitué, que depuis le siècle des Lumières, nous souhaitons donner au plus grand nombre, le plus haut niveau d’études, de savoir et de connaissance. Il s’agit même de la définition de la République, qui a depuis fort longtemps sacralisé le savoir et l’éducation. Donner à tous les rudiments du savoir pour qu’ils accèdent à ce que Gambetta appelait « la dignité de citoyen » est à la base de l’école laïque, publique et obligatoire de la fin du XIXème siècle. Pour que triomphe aussi la méritocratie, c'est-à-dire l’accès à l’excellence de celles et ceux qui le méritent quelles que soient leurs origines. Qu’en est il plus d’un siècle et demi plus tard ? A l’heure de la mondialisation économique, de la société de l’information, des révolutions scientifiques et technologiques les rudiments de savoir seraient ils soudain moins importants pour accéder à citoyenneté. A moins que ce ne soit la citoyenneté qui n’est plus d’actualité. Peut on comprendre le monde dans lequel on vit en quittant l’école à 16 ans ? ou bien faut il continuer de donner à tous les basse nécessaires pour qu’ils puissent assumer leur rôle de citoyen ? Et dans ce cas, où mettre le curseur : à 16 ans, à 18 ans, à quel niveau d’études ? A partir de quel niveau pense t on que l’accès des meilleurs à l’excellence est réellement permis et ouvert, sans distinction ni exclusion en fonction de l’origine sociale ? Est on prêt à le réduire le niveau d’acquisition de ce qu’on appelle pudiquement les fondamentaux, à ne les évaluer que par rapport aux besoins économiques ? 

 

Veut on sincèrement revenir en arrière ? C’est pourtant dans cette logique que s’inscrivent plus ou moins de nombreuses mesures et réponses techniques et politiques. Mardi 28 Mars 2006.

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