Politique de la Jeunesse au Conseil Régional de Midi Pyrénnées

Publié le par Observatoire de la démocratie

 

Communiqué de presse Assemblée Plénière du 5 Novembre 2004 Quelle politique de jeunesse pour la Région Midi-Pyrénées ?

Lors de la Conférence de Presse du 6 Octobre dernier, Jean-Louis CHAUZY, Président du CESR de Midi-Pyrénées, Claude DUPUY, Président de la Commission " Education, formation, emploi, sports, et Jean-Louis COLOMBIÈS, rapporteur du présent avis "  ont attiré l’attention sur la situation alarmante des jeunes en Midi-Pyrénées confrontés trop souvent au chômage, à des formes d’emploi peu en rapport avec leurs niveaux de diplômes et de qualification, à la précarité, aux problèmes de santé, aux difficultés à se loger et à se déplacer alors même que cette jeunesse dispose d’atouts non négligeables. "Dans cet avis " Quelle politique de jeunesse pour la Région Midi-Pyrénées ? " présenté aujourd’hui en assemblée plénière, le CESR apporte ses propositions aux différents acteurs, État, Région, collectivités territoriales, partenaires sociaux et acteurs de terrain, afin d’ouvrir de meilleures perspectives aux jeunes. Dans un premier temps, le CESR a considéré les mesures déjà prises en faveur de la jeunesse tant au plan national que régional. Il en résulte le constat d’un manque de lisibilité et de visibilité car les compétences et les dispositifs se juxtaposent ou s’enchevêtrent, les acteurs publics sont multiples, en liaison avec les organismes sociaux et le secteur associatif. En fait, le plus souvent, les jeunes sont " objets " de politique sectorielles et de mesures spécifiques. Pour aller plus avant dans sa réflexion, le CESR a voulu mieux " connaître " ces jeunes, de 15 à 25 ans qui vivent sur notre territoire, en recueillant des données statistiques certes, mais aussi en allant à leur rencontre. Ainsi, quatre jeunes journalistes ont réalisé une vingtaine de " portraits de jeunes " afin de recueillir leur témoignage et leurs paroles. Elles viennent illustrer l’avis. Cet essai de construction d’une " image de la jeunesse midi-pyrénéenne " a permis de déceler des caractéristiques propres et aussi des valeurs partagées avec des jeunes français, comme l’a indiqué le sociologue Bernard ROUDET auditionné. Ils ont des atouts importants. Ils sont fortement scolarisés, ils réussissent mieux et accèdent à des niveaux de diplômes et de qualification élevés par comparaison avec d’autres régions, ils trouvent des possibilités de poursuites d’études dans des secteurs diversifiés et professionnalisés. Ils sont peu nombreux à sortir du système scolaire sans qualification. Cependant, ils sont confrontés à une dégradation de leur situation notamment pour leur entrée dans la vie active et leur insertion professionnelle et sociale. Tous ces éléments induisent qu’une nouvelle étape doit être franchie en région pour mieux accompagner ces jeunes. Pour cela, le CESR considère que, à côté d’une politique de l’État à qui revient un rôle primordial pour réduire les inégalités et articuler l’ensemble des politiques publiques, la Région doit construire une politique d’ensemble, coordonnée avec les autres collectivités locales, à partir des compétences décentralisées, en définissant de nouvelles méthodes de travail. Ainsi, une approche globale pour organiser la transversalité de la politique " jeunesse " doit s’appuyer sur la création d’une Vice-Présidence. Un élu doit être garant de la prise en compte de la jeunesse dans les différentes politiques régionales. Une Conférence Régionale de la Jeunesse, tous les 2 ou 3 ans, permettrait la cohérence des actions des différents acteurs. Il sera nécessaire de poursuivre les politiques de contractualisation avec l’État, les acteurs associatifs et de développer la dimension Jeunesse dans les politiques territoriales au travers des contrats de pays. Le CESR a envisagé sept domaines d’intervention prioritaires et des actions qui peuvent constituer autant de pistes pour élaborer et conduire une véritable politique régionale de jeunesse : 

  • L’orientation, l’information et la formation des jeunes 
  • l’entrée dans la vie active et l’emploi  
  • l’accès des jeunes au logement  
  • la santé des jeunes  
  • la mobilité des jeunes dans le territoire régional, dans l’Europe et à l’international  
  • l’éducation à la citoyenneté  
  • L'accès des jeunes aux loisirs, à la culture, aux activités physiques et sportives

Dans chacun de ces domaines, desoints " sensibles ", zones de fragilisation ont été identifiés et doivent faire l’objet de mesures appropriées. Parmi ses 55 propositions, le CESR met l’accent sur :

  • une information et une orientation informatisée, interactive et attractive prenant en compte l’évolution des métiers et des professions  
  • la constitution d’un collectif " éthique-emploi " en matière d’utilisation des stages en entreprise, la promotion du parrainage des jeunes en formation, l’intégration de ratios socios pour l’attribution des aides économiues aux entreprises afin de réduire la précarisation des situations des jeunes  
  • une forte mobilisation en partenariat avec l’État et les autres collectivités pour financer des logements, réserver du foncier à proximité des centres de formation, inciter les jeunes par un soutien financier à s’inscrire dans les centres universitaires décentralisés  
  • le développement des actions de prévention et de suivi en matière de santé comme une visite médicale avant 15 ans, la mise en place de lieux de dialogue, d’écoute, d’espaces santé  
  • une facilitation de la mobilité sur le territoire régional par des réductions tarifaires et l’aide à l’obtention du permis de conduire pour les jeunes les plus défavoriser et un soutien accrû à la mobilité internationale par des aides directes aux jeunes et aux structures  
  • le renforcement de l’éducation à la citoyenneté par l’aide à l’obtention du BAFA, par une plus grande place faite aux élus du CRJ, par la création d’une instance pour les apprentis  
  • un appui à la professionnalisation des acteurs de l’animation, de la culture et du sport, un encouragement aux pratiques culturelles amateurs, l’inscription du chèque " lire dans un " plan régional de développement de la lecture ", un soutien aux emplois associatifs mutualisés pour faciliter une pérennisation ultérieure  
  • enfin,un accès facilité aux loisirs, à la culture, aux activités physiques et sportives par la création d’une " carte Midi-Pyrénées temps libre ".

 

Ainsi, pour le CESR, l’enjeu d’une politique " jeunesse " pour la Région Midi-Pyrénées est bien " la place " que nous tous, collectivement, saurons donner aux jeunes, ces femmes et ces hommes en devenir, dans notre société et dans notre territoire.

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